Hichem Aboud: Le Buzz médiatique

Sans titreLe parquet général près la cour d’Alger a annoncé dimanche, des poursuites judiciaires à l’encontre d’Aboud Hichem. Les accusations contre le directeur de la publication des quotidiens « Djaridati » et « Mon journal » sont lourdes et dignes d’un acte terroriste.
« Atteinte à la sécurité de l’Etat, à l’unité nationale et à la stabilité et au bon fonctionnement des institutions », tel sont leurs intitulés. « Suite aux propos tendancieux tenus sur certaines chaînes d’information étrangères, dont France 24, par le dénommé Aboud Hichem, sur l’état de santé du président de la République, selon lesquels il se serait dégradé allant jusqu’à déclarer que le chef de l’Etat serait dans un état comateux, et compte tenu de l’impact négatif direct de ces rumeurs sur l’opinion publique nationale et internationale, et eu égard au caractère pénal de ces propos infondés, le parquet général près la cour d’Alger a ordonné des poursuites judiciaires à l’encontre du concerné pour atteinte à la sécurité de l’Etat, à l’unité nationale et à la stabilité et au bon fonctionnement des institutions », précise le communiqué du Parquet. Devant ces accusations, le concerné se dit « surpris » et déclare,initialement, sur plusieurs supports médiatiques, être prêt à faire face à la justice. « Dire que le président de la République est revenu mercredi sur le territoire national et qu’il est dans un état comateux, est-ce cela une atteinte à la sécurité de l’Etat ? », s’est-il interrogé sur une télévision privée locale. « Si on prouve (par l’image ou autre moyen) que j’ai tort, je suis prêt à passer vingt ans de prison et payer le prix de cette information », assure-t-il. Concernant la non-parution dimanche, des deux publications (Mon journal et Djaridati), Hichem Aboud soutient, mordicus, que c’est un acte de censure. « Je n’ai pas refusé d’imprimer ni de tirer ces numéros.
J’ai bien reçu un appel du ministère de la communication samedi à 18h 30, pour me demander de retirer les deux pages réservées à la santé du président. Mais, il était impossible éthiquement et techniquement de le faire »,soutient-il.
De son coté, le ministère de la communication affirme officiellement, qu’ « il n’a jamais été question de censure ».
« C’est le directeur de ces publications qui a initialement accepté de renoncer à leur impression après les observations qui lui ont été faites sur le non-respect de l’article 92 de la loi organique relative à l’information », note un communiqué du ministère. L’article en question avertit contre l’atteinte aux attributs et symboles de l’Etat.
Le ministère s’est même dis « étonné de la compagne lancée par le directeur du journal » qui a indiqué que ses titres ont été saisis samedi soir à l’imprimerie. S’agissant des deux pages objets du litige, Hichem Aboud affirme, avec beaucoup de certitude, qu’elles sont construites sur un bulletin de santé et une source « proche de la présidence de la République qui a fait partie du cortège qui a ramené le président ».
Le ministère de la communication, lui, certifie que les deux journaux « donnaient des informations erronées » et « totalement fausses », sur l’état de santé d’Abdelaziz Bouteflika. Samedi soir, l’information faisant état de la censure des deux publications a fait le tour de médias nationaux et étrangers ainsi que les réseaux sociaux. Cette polémique médiatique, une aubaine pour Hichem Aboud et ses titres, révèle, encore une fois, tous les préjudices que peut causer une communication institutionnelle défaillante. Des questions aussi névralgiques que sont l’Etat de santé du président de la République et le lieu où il se trouve, ne devraient pas rester sans réponse et aucune brèche ne devrait être laissée pour la spéculation.
Effet collatéral de cette mauvaise communication, dans les médias internationaux, il est dit qu’en Algérie on censure des titres qui parlent de la santé du Président ! Le comble ! Alors que des articles allant dans le sens des « scoops » de Hichem Aboud ont inondé ces dernières semaines tous les espaces médiatiques. Hier lundi, 48h après l’évènement, Mon journal et Djaridati ont été tirés dans les imprimeries étatiques.Ils ont traité du même sujet (la censure et la santé du Président). Et ont été gratifiés de la manne publicitaire institutionnelle, via l’Anep.
Précisons justement que les poursuites judiciaires lancées par la Cour d’Alger, ne concernent pas les articles de presse, mais bien les déclarations de Hichem Aboud sur les chaines étrangères, particulièrement celles faites sur France 24. Dans une déclaration à cette chaine Française, Aboud affirme que Abdelaziz Bouteflika est rentré mercredi dernier, à Alger et qu’il est dans un état comateux.

Samir Azzoug